Galerie marchande d'un centre commercial français

Loi anti fast fashion : le malus Shein et Temu est appliqué

septembre 25, 2026

KING365TV Abonnement N°1 KING365TV En Europe ! Abonnez-Vous

Deux euros sur un T-shirt. Six sur une chemise, neuf sur un jean, jusqu’à douze sur un manteau. Depuis le 1er septembre 2026, ces montants s’ajoutent au coût de mise sur le marché des vêtements vendus par les plateformes de mode ultra-express. La loi anti fast fashion est passée du texte à la facture. Shein et Temu sont visés. Zara, H&M, Primark et Kiabi, non.

Trois ans de navette parlementaire

La proposition de loi avait été déposée à l’Assemblée nationale en 2024 et votée une première fois en mars de la même année. Le Sénat l’a reprise, amendée, puis adoptée définitivement fin juin 2026. Promulgation le 8 juillet 2026, publication au Journal officiel le lendemain. Le texte porte le numéro 2026-602.

Bruxelles s’en est mêlé en cours de route. La Commission européenne, notifiée du projet, avait formulé des observations sur la compatibilité du dispositif avec les règles du marché intérieur. Pékin a de son côté invoqué l’Organisation mondiale du commerce. Le calendrier français n’a pas bougé.

Comment fonctionne le malus

Le mécanisme ne crée pas d’impôt nouveau. Il modifie une contribution existante : l’éco-contribution versée par les metteurs sur le marché à Refashion, l’éco-organisme de la filière textile, linge de maison et chaussures. Un arrêté a modifié le cahier des charges du 23 novembre 2022 pour y introduire une pénalité visant les produits relevant de la mode ultra-éphémère.

KING365TV Abonnement N°1 KING365TV En Europe ! Abonnez-Vous

Les montants publiés pour 2026-2027 vont de 0,50 euro sur certaines catégories de sous-vêtements à 12 euros sur une veste ou un manteau. Entre les deux : environ 2 euros pour un T-shirt, 6 euros pour une chemise, 9 euros pour un jean. Le barème monte par paliers annuels jusqu’en 2030, où il doit atteindre près de 19,50 euros par article. Une limite encadre le tout. La pénalité ne peut jamais dépasser 50 % du prix de vente hors taxes du produit.

Les grilles diffusées par les cabinets juridiques ne concordent pas exactement. Certaines annoncent un plancher à 0,25 euro pour 2026 et un plafond à 20 euros en 2030, d’autres 0,50 et 19,50 euros. L’arrêté fait foi, et les fourchettes varient selon la catégorie de vêtement. Autre effet peu commenté : les produits pénalisés perdent l’accès aux primes de performance environnementale de la filière.

Qui bascule dans la catégorie ultra-express

C’est le point le plus disputé du texte. Deux critères cumulatifs déclenchent le malus : un nombre de références nouvelles très élevé, et un défaut d’incitation à la réparation, mesuré par le coût de réparation rapporté au prix de vente et par l’existence ou non d’un service de réparation de la marque.

Les ordres de grandeur cités par le gouvernement donnent la mesure de l’écart. Shein dépasse le million de références par an. Kiabi, malgré une offre large, en propose environ 17 000. Entre les deux, un gouffre que les seuils réglementaires ont vocation à matérialiser. Conséquence directe : les enseignes de fast fashion classique restent hors champ. Les produits d’occasion et les invendus redistribués par des tiers sont explicitement exclus.

Les décrets qui doivent fixer les seuils chiffrés exacts n’ont pas tous été publiés à cette date. Tant qu’ils manquent, la qualification des acteurs situés en zone grise reste incertaine.

Publicité interdite au 1er janvier 2027

Le deuxième volet de la loi anti fast fashion est plus tranchant que le malus. À compter du 1er janvier 2027, toute publicité pour des produits de mode ultra-express sera interdite. L’interdiction couvre l’influence commerciale, rémunérée ou non. Un créateur de contenu qui présente une pièce Shein à sa communauté sans contrepartie financière tombe, en l’état du texte, sous le coup de la règle.

L’amende peut atteindre 100 000 euros pour une personne morale, avec possibilité de la porter au montant des dépenses engagées pour la campagne. Des avocats spécialisés relèvent que les contours de l’obligation restent flous pour les créateurs : la frontière entre l’avis personnel et la communication commerciale n’est pas tracée dans la loi. Les décrets devront s’en charger.

Ce que ça change quand vous commandez

Une confusion circule beaucoup depuis septembre. Le malus n’apparaît pas sur votre ticket de caisse sous forme d’une ligne « 19,50 euros ». Ce n’est pas une taxe acquittée par l’acheteur au moment du paiement, mais une contribution due par celui qui met le produit sur le marché français. Ce qui remonte jusqu’à vous, c’est la répercussion, pas le prélèvement.

Trois effets concrets sont à attendre.

  • Une hausse des prix, d’ampleur variable selon ce que les plateformes absorbent. Sur un T-shirt vendu 4 euros, 2 euros de pénalité représentent un choc mécanique. Sur un manteau à 40 euros, 12 euros pèsent moins en proportion.
  • Un catalogue potentiellement resserré en France, si certaines références deviennent non rentables une fois la pénalité intégrée au calcul.
  • Une information obligatoire sur les lieux de fabrication, que les plateformes doivent afficher.

S’ajoute un facteur extérieur à la loi française : la taxation européenne des petits colis, appliquée depuis le 1er juillet 2026. Les volumes importés depuis l’Asie auraient reculé de 30 à 40 % selon les estimations qui circulent dans le secteur. Ce sont des évaluations professionnelles, pas des statistiques douanières consolidées, et aucune source consultée ne les confirme officiellement.

Les zones laissées ouvertes

La coalition Stop Fast-Fashion juge le périmètre de la loi anti fast fashion trop étroit et demande son extension au-delà de la seule mode ultra-express. L’association En Mode Climat, qui fédère des marques françaises, estime que le signal envoyé est clair mais réclame de la transparence sur le contrôle réel du dispositif. Tout repose en effet sur la capacité de l’administration à identifier les redevables et à recouvrer les sommes auprès d’acteurs domiciliés hors de France.

La loi prévoit une coordination renforcée entre les douanes, la DGCCRF et l’ADEME. Elle supprime par ailleurs la déduction fiscale attachée aux dons d’articles relevant de la mode ultra-express, ce qui ferme une voie de sortie commode pour les invendus. Le premier bilan chiffré des sommes effectivement encaissées par Refashion n’a pas encore été rendu public. Il constituera le vrai test du dispositif.

Publicité
KING365TV Abonnement N°1 KING365TV En Europe ! Abonnez-Vous
Image placeholder

Lorem ipsum amet elit morbi dolor tortor. Vivamus eget mollis nostra ullam corper. Pharetra torquent auctor metus felis nibh velit. Natoque tellus semper taciti nostra. Semper pharetra montes habitant congue integer magnis.

Laisser un commentaire

KING365TV : Abonnement TV 8K Abonner Maintenant