Illustration santé : suivi médical

Vaccination grippe et Covid : campagne le 13 octobre, ordonnance désormais obligatoire

septembre 25, 2026

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Se présenter en pharmacie et repartir vacciné : c’était le principe depuis plusieurs années. Ce ne l’est plus. Depuis juillet, le vaccin antigrippal exige une ordonnance, et la campagne de vaccination grippe 2026 2027 démarre le 13 octobre en métropole et aux Antilles avec cette nouvelle règle.

Bonne nouvelle pour ceux que la démarche rebute : l’ordonnance peut être délivrée par un médecin, mais aussi par une sage-femme, un pharmacien ou un infirmier. Le pharmacien peut donc prescrire puis vacciner dans la même visite. La contrainte est administrative, pas pratique.

Une campagne conjointe, une seule visite

Grippe et Covid-19 sont regroupés dans la même campagne, et les deux vaccins peuvent être administrés le même jour. Pour une personne âgée, cela évite un second déplacement — un détail qui pèse lourd sur les taux de couverture réels.

Le calendrier varie selon les territoires. Mayotte a démarré dès septembre. La Réunion suit le rythme de l’hémisphère Sud, de mai à octobre. Le portail de commande des professionnels ferme du 21 décembre au 3 janvier, ce qui incite à ne pas trop repousser le rendez-vous.

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Qui est pris en charge à 100 %

La gratuité totale s’applique aux publics ciblés : les 65 ans et plus, les femmes enceintes, les personnes atteintes de maladies chroniques, l’entourage des personnes à risque, les professionnels de santé, les personnes porteuses d’une trisomie 21 et les patients souffrant de troubles psychiatriques.

Hors de ces catégories, le vaccin antigrippal reste à la charge de l’assuré. Un point à anticiper si vous souhaitez vous protéger sans entrer dans l’une de ces cases.

Cinq vaccins, dont deux réservés aux seniors

Cinq vaccins antigrippaux sont disponibles cette saison. Deux d’entre eux — EFLUELDA, à haute dose, et FLUAD, adjuvanté — sont réservés aux 65 ans et plus. Ils répondent à un problème précis : le système immunitaire répond moins bien avec l’âge, et une dose standard y perd en efficacité.

Les trois autres — FLUCELVAX, INFLUVAC et VAXIGRIP — s’adressent à tous les publics.

Côté Covid, le nouveau COMIRNATY XFG se décline en deux dosages : 10 microgrammes pour les 6 mois-11 ans, identifiable à son couvercle bleu, et 30 microgrammes à partir de 12 ans, couvercle gris.

Ce que la saison passée a coûté

Les chiffres de Santé publique France pour 2025-2026 donnent la mesure de l’enjeu, et il ne s’agit pas d’un simple rhume saisonnier.

  • 4 389 décès liés à la grippe, contre 4 925 la saison précédente.
  • 23 989 hospitalisations recensées par le réseau Oscour.
  • 114 827 passages aux urgences et environ 1,2 million de consultations en médecine de ville.

L’épidémie a duré dix semaines, de début décembre à mi-février, avec un pic en ville lors de la dernière semaine de 2025. Le virus dominant était le sous-type A(H3N2), sous-clade K, présent dans 64 % des prélèvements en médecine de ville — un sous-type historiquement plus sévère chez les personnes âgées.

Une couverture qui remonte, enfin

Pour la première fois depuis la pandémie de Covid-19, la couverture vaccinale a progressé. Elle atteint 49,6 % chez l’ensemble des personnes à risque, en hausse de 3,1 points. Chez les 65 ans et plus, elle grimpe à 56,7 %, et chez les moins de 65 ans à risque à 28,9 %.

La progression est réelle. L’écart avec l’objectif de l’Organisation mondiale de la santé, fixé à 75 %, l’est tout autant.

Vers une obligation pour les soignants

C’est la nouveauté de fond de cette campagne. Dans un avis rendu le 20 juillet, la Haute Autorité de santé recommande de rendre la vaccination antigrippale obligatoire pour les professionnels de santé, les personnels des établissements de santé et médico-sociaux accueillant des personnes âgées, ainsi que les étudiants et stagiaires des filières médicales et paramédicales.

Le raisonnement de la HAS mérite d’être compris, parce qu’il n’est pas intuitif. La couverture vaccinale des résidents de 65 ans et plus en établissement atteint 82,7 %, soit largement au-dessus du seuil recommandé par l’OMS. Et pourtant les clusters restent fréquents. La raison tient à l’immunosénescence : chez une personne très âgée, le vaccin protège moins bien, même correctement administré. Protéger le résident suppose donc aussi de vacciner celui qui entre dans sa chambre.

La HAS préconise un déploiement prioritaire en Ehpad et en unités de soins de longue durée, progressif sur deux ans et renouvelable un an.

Une obligation qui n’en est pas encore une

Attention à la formulation. Il s’agit d’une recommandation, pas d’un texte opposable. La campagne 2026-2027 est présentée comme la première année de déploiement, mais le cadre réglementaire n’est attendu qu’au plus tard à la fin du premier trimestre 2027. Aucun soignant ne peut donc être sanctionné cet hiver sur ce fondement.

Le calendrier à retenir

Si vous relevez d’un public ciblé, la séquence la plus efficace tient en deux étapes. D’abord obtenir l’ordonnance — le pharmacien peut s’en charger, sans rendez-vous. Ensuite programmer la vaccination dans les deux ou trois semaines suivant le 13 octobre, le temps que l’immunité s’installe avant le pic épidémique, qui tombe traditionnellement entre la mi-décembre et la mi-janvier.

Se faire vacciner en février, quand l’épidémie bat son plein, protège beaucoup moins. La saison dernière l’a rappelé : le pic est arrivé la semaine de Noël.

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